LE GARDEUR DE SILENCES

17/09/2018

de Fabrice Melquiot

photo du spectacle

DIMANCHE 2 DECEMBRE - 16h

Théâtre à partir de 7 ans

Séraphin est un bruiteur à la retraite. De son travail à la radio, des feuilletons et documentaires, mais aussi de sa vie, il a accumulé de nombreux enregistrements. Ses cassettes sont autant de voix qui viennent faire le lien entre ce chasseur de bruits sauvage et sa petite fille Saéna, qui ne voit pas.

Dans la cadre de "Changer son regard sur le handicap" à Saint-Cloud et du Festival Imago

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Compagnie Miel de Lune
Texte : Fabrice Melquiot
Mise en scène et scénographie : Corinne Requena
Interprétation : Elena Bruckert et François Accard

Le Gardeur de Silences est publié aux éditions L'Arche-Théâtre Jeunesse

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Durée :  45 min
Tarif unique : 8€
Location ouverte

Photo du spectacle

Note d’intention

Je me suis toujours attachée à découvrir et monter des pièces, et surtout des textes, ayant un véritable message de fond et pouvant toucher le plus grand éventail de sensibilités et de maturités. Le Gardeur de silences fait partie de celles-ci. Il a la portée universelle du conte. C’est un voyage «immobile », un moment de partage et d'amour entre un grand-père et sa petite -fille. Dès la première lecture j'ai été émue par les liens entre ces deux êtres « limités », l'un par l'âge et l'autre par la cécité, et tellement pleins de vie, l'un avec ses souvenirs et sa maturité, l'autre avec sa fougue, sa spontanéité, son imagination... J'aime l'écriture simple qui va droit à l'essentiel de Fabrice Melquiot. Elle laisse l'espace au sensible, à l'onirique et à une forme de plénitude dans le silence de l'instant.

Entre les lignes, c'est un véritable récit d'intimités qui nous est livré, dont nous devenons les témoins secrets. C'est par l'énergie, l'émerveillement que peut susciter l'évocation du souvenir, que le grand-père va progressivement transmettre sa profondeur. Son message est simple : l'importance de s'écouter, ne pas passer à côté de sa vérité pour devenir acteur de sa vie. Ralentir le temps en quelque sorte, dans notre monde où tout va vite et où nous consommons de l'instant.

On quitte l’idée d’une transmission par l'image, qui prédomine actuellement comme mode de communication, pour privilégier la parole offerte, vectrice d'imaginaire et de construction intérieure. Ce sont les sons enregistrés des souvenirs qui feront naître les paysages intimes des protagonistes de l'histoire.

Que transmet-on ? Que lègue-t-on à ses petits enfants, enfants ? Peut-on passer à côté de cet essentiel? Quelle est l'importance des souvenirs et de la mémoire dans la construction de l'identité et de la filiation  ? Comment la jeunesse peut redonner vie aux anciens ?

Autant de questions qui mènent vers la découverte d’un équilibre entre l’énergie et l’apaisement, le bruit et le silence, la vie et la mort, comme un grand tout.

Venant de la danse, je suis réceptive au langage corporel et sensoriel. Cette pièce cristallise pour moi ces deux langages. Je souhaite que l'interprétation des personnages s'ancre dans les corps qu vont grandir, se libérer, ressentir, plus ou moins de nouveau la vie, grâce au partage et à la transmission mutuelle. La danse viendra ponctuer et soutenir la dramaturgie. Les corps dansants feront parler les silences et l'émotion. Deux corps, deux âges, se faisant écho... A une époque où l'on fuit le vieillissement, revenir à la beauté de l'âge et sa sagesse.

Ici ce sont deux âmes qui vont s'accompagner, et s'aider à grandir l'une de l'autre, par l'amour, l'attention partagée, un passé révélé...

Corinne Réquéna